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Desjardins bon premier au palmarès des prêteurs hypothécaires

Il n’y a pas longtemps Joanie Fontaine ( Les Affaires ) nous proposait un tour d’horizon très instructif des parts de marché que détiennent les prêteurs hypothécaires au Québec. Les données sont établies à partir des actes publiés au Registre foncier en 2016 compilés par la firme JLR pour les hypothèques qui ont été contractées afin d’acquérir une propriété résidentielle ou non résidentielle au Québec.

Le Mouvement Desjardins domine avec 38 %.

Le Mouvement Desjardins, leader incontesté de marché hypothécaire au Québec réussit particulièrement bien à l’extérieur des grands centres avec plus de 50 % des hypothèques en dehors des 6 régions métropolitaines de recensement (RMR) et dans la RMR de Trois-Rivières.

À Montréal, la part de marché de Desjardins est plus faible avec 27 % des hypothèques, mais il demeure le créancier le plus important.

La Banque Nationale représente 13 % du marché.

Si l’on additionne ses hypothèques à celles de Desjardins, on obtient plus de la moitié du marché ce qui montre bien la grande concentration du financement hypothécaire au Québec.

La Banque Nationale réussit particulièrement bien au Saguenay ( 17 % ) mais moins bien à Gatineau ( 8 % ).

La Banque Royale du Canada détient 9 %.

Ses parts de marché sont similaires dans toutes les régions.

Il faut dire qu’à l’extérieur des grands centres, le marché est particulièrement dominé par Desjardins et la Banque Nationale.

La Banque de Montréal possède 7 % du marché.

La BMO obtient ses meilleurs résultats à Montréal ( 9 % ) alors que le bilan est moins bon à Québec et Trois-Rivières ( 4 % ).

La Banque Toronto-Dominion est à 7 %.

La part du marché hypothécaire québécois de cette institution est la même que celle de la Banque de Montréal. Elle obtient ses meilleures parts de marché à Gatineau ( 13 % ).

La Banque CIBC possède 5 % du marché.

Cette institution se démarque par sa croissance dans un environnement qui, au cours des dernières années, a surtout favorisé les prêteurs non traditionnels. Ainsi, sa part de marché a augmenté de 1,4 % entre 2011 et 2016. Elle émet la majorité de ces hypothèques à Montréal et Gatineau.

La Banque Scotia a aussi 5 %.

Elle se démarque à Gatineau ( 13 % ), mais au Saguenay, à Sherbrooke et à Trois-Rivières elle ne représente que 1 % du marché.

La Banque Laurentienne suit avec 3 %.

La plus petite des 7 grandes banques canadiennes obtient une proportion assez constante dans les différentes régions.

Les Prêteurs non traditionnels détiennent 12,5 % du marché.

Ils obtiennent des contrats hypothécaires un peu partout au Québec. La présence de plusieurs de ces prêteurs est principalement virtuelle ce qui leur permet de rejoindre autant la population en région qu’en ville. Les plus gros joueurs sont First National, la Banque Manuvie et le Groupe Investors.

 

D’après : Desjardins toujours leader hypothécaire au Québec, publié par Joanie Fontaine. Le 27 février 2017, Les Affaires.

Poussée des prêteurs non traditionnels

Chaque année la firme JLR publie un portrait du marché hypothécaire à partir des actes publiés au Registre foncier. Dans Les Affaires, Joanie Fontaine a publié une analyse du document que j’ai trouvée fort pertinente.

Pour 2016, écrit-elle, les conclusions sont intéressantes.

Des 127 000 hypothèques associées à l’acquisition d’une propriété, 87,5 %  de celles-ci ont été octroyées par les sept grandes banques canadiennes et le Mouvement Desjardins, les autres venant généralement des sociétés de financement hypothécaire, de compagnies d’assurance et de prêteurs privés.

Cette importante proportion est cependant en déclin année après année. En 2011 elle était de 90,6 %.

Ce sont les avancées technologiques, les politiques publiques visant à accroître la concurrence et la présence accentuée des courtiers hypothécaires qui expliquent la croissance de la part de marché des petits prêteurs.

Il faut cependant spécifier que les banques achètent environ 40 % des prêts hypothécaires des sociétés de financement hypothécaire au Canada. Ils détiennent donc toujours indirectement une part des prêts hypothécaires qu’ils ont perdus au profit des sociétés de financement hypothécaire.

Cette tendance favorisant les prêteurs non traditionnels se poursuivra-t-elle malgré le fait que les resserrements hypothécaires du Ministre fédéral des finances risquent d’affecter davantage les petits prêteurs tels que les sociétés de financement hypothécaire que les principales institutions ?

En fait, selon une publication de la Banque du Canada, les emprunteurs ayant essuyé un refus à cause des nouvelles règles sont plus nombreux chez les sociétés de financement hypothécaire que chez les prêteurs ordinaires.

Ainsi la clientèle de petits prêteurs est souvent contrainte de repenser ou même d’annuler son projet d’achat.

S’ajoute enfin le fait que le financement des petits prêteurs deviendra plus complexe. Pour avoir accès à la titrisation* publique, une grande source de financement pour les sociétés de financement hypothécaire, les prêts à ratio prêt-valeur bas devront également respecter de nouvelles règles hypothécaires.

Malgré tous ces défis, Joanie Fontaine croit que les prêteurs non traditionnels sont de plus en plus présents et que cela ne risque pas de changer même si leur croissance pourrait être freinée momentanément par les nouvelles règles.

 

*Un établissement de crédit cède à une entité spécialement établie à cet effet des titres de créances.

 

D’après : Hypothèques : les prêteurs non traditionnels ont la cote, publié par Joanie Fontaine. Le 20 février 2017, Les Affaires.