Accès à la propriété plus difficile

Accès à la propriété plus difficile

Resserrement des règles à la SCHL

Les ménages qui envisageaient de quitter leur appartement pour acheter une maison ou une copropriété seront sans doute moins nombreux au cours de la prochaine année en raison du resserrement des critères donnant accès à une assurance de prêt hypothécaire de la Société canadienne d’hypothèques et de logement.

Un meilleur pointage de crédit – qui est passé de 600 à 680 –, une diminution du ratio d’endettement maximal permis, ainsi que le refus des mises de fonds considérées comme étant non traditionnelles – comme le programme d’aide Accès Condo – comptent parmi les changements, en vigueur depuis le 1er juillet.

Selon l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), près de 4000 ménages québécois seront touchés par ces mesures. Rappelons qu’un prêt assuré par la SCHL permet aux acheteurs de verser une mise de fonds équivalant à 5 % de la valeur de la propriété, si le prix d’achat est inférieur à 500 000 $.

Ce sera plus difficile pour les gens qui veulent accéder à la propriété de répondre aux critères; plus difficile de se qualifier. Les premiers acheteurs – moins susceptibles d’avoir en banque une grosse mise de fonds – risquent d’être les plus pénalisés.

En plus d’avoir de la difficulté à répondre aux nouveaux critères de la SCHL, ceux-ci font actuellement face à un marché immobilier où les nouvelles inscriptions ne sont pas nombreuses. En raison de la pandémie, l’inventaire de maisons à vendre est très bas et souvent, il y a de la surenchère.

Aussi, le nombre de nouveaux projets de copropriétés pourrait être touché par le resserrement des règles. Imaginons le cas d’un petit bloc de 16 condos en construction dont cinq ou six acheteurs ne se qualifient plus. Le projet est ainsi privé des sommes nécessaires pour qu’il voie le jour à moins de trouver de nouveaux acheteurs.

La SCHL rappelle que le taux d’endettement des ménages est un enjeu important au Canada.

Elle souligne que la pandémie de COVID-19 touche tous les secteurs de l’économie canadienne, y compris le logement. Les pertes d’emplois, les fermetures d’entreprises et la baisse de l’immigration ont une incidence négative sur tous les marchés canadiens de l’habitation, soit sur les mises en chantier, les ventes et les prix. La SCHL prévoit une baisse de 9 à 18 % du prix des logements au cours des 12 prochains mois pour l’ensemble du Canada, selon la trajectoire de la reprise économique. Pour le Québec, la SCHL prévoit une baisse du prix moyen de 6 à 11 % par rapport à son niveau antérieur à la pandémie, avant de commencer à se redresser au deuxième semestre de 2021.

D’après : Un accès à la propriété plus difficile par Nathaëlle Morissette, La Presse, le 2 juillet 2020

Laisser un commentaire